Au dos de la liste des courses il y'a.
De l'amour. A quel prix?
Souvent je m'asseois dans l'herbe et ça remonte, puissant, fort, dans mon ventre, je pense aux draps.
Les draps blancs, ou bleus, à leur vie, enfants des petites chinoises couturières. A leur mort, aux trous rongés par les mythes. Leur dernier lieu de résidence étant la poubelle. A tout ce qu'ils n'ont pas pu dire, anéantis sous notre propre poids.
Notre poids à toi, et à moi.
Je commet des erreurs.
Alors souvent j'y allonge des lignes, et mes notes se voilent jusqu'a la naissance de l'image. L'élaboration, d'un plan, d'une tactique pour tout réduire à l'état de draps morts.
Des natures peintes à la craie sur des surfaces nacrées.
Ca c'est quand dans ma tête je m'en vais et que je me dis que je pourrais ne plus jamais revenir. Comme si mon sac était pret, endormi et bouclé, attendant le départ. Et à l'aéroport je retiens toute l'eau de mon corps dans un verre pour oublier tout ce que j'ai bien pu perdre.
Et puis souvent je la regarde , elle dort encore, la bouche entre-ouverte, les bras enveloppés dans la taie, les draps sont défaits. Dans ce cas je ne peux que me taire devant l'effort involontaire de tant de beauté.
Parce qu'elle ne saura jamais.
A quel point je l'aime.